Les Poings de la révolte
Quand l’effacement devient récit.
Hôtel de ville de Quaregnon · 2024
À l’occasion des 130 ans de la Charte de Quaregnon, j’ai choisi de travailler autour d’un symbole et d’un chant profondément liés à l’histoire des luttes sociales : le poing levé et L’Internationale.
À la lecture de la Charte, L’Internationale s’est immédiatement imposée à moi. En confrontant les deux textes, j’y ai retrouvé des résonances communes : l’idée d’émancipation, de solidarité et d’un idéal collectif à construire.
L’installation réunit 130 versions de L’Internationale et 130 poings de la révolte, imprimés sur des papiers fluorescents à l’aide d’une stencilleuse. D’une impression à l’autre, le motif du poing se dégrade progressivement, s’efface et perd de sa netteté.
Cet effacement devient le cœur de l’œuvre. Il traduit mon sentiment que les luttes qui ont permis l’acquisition de nombreux droits sociaux et droits des travailleurs peuvent, elles aussi, s’estomper avec le temps, en Belgique comme ailleurs dans le monde.
La fluorescence crée alors un paradoxe : tandis que le symbole disparaît progressivement de l’impression, la lumière noire le fait surgir dans l’espace. Une manière de questionner ce qui reste visible de ces combats, ce que nous en conservons et ce que nous risquons d’oublier.
Conception, impression et installation : Amélie Kestermans.
Présenté pour les 130 ans de la Charte de Quaregnon. Vernissage : 29 mars 2024.






